Her name was Arjelynne

She didn’t know yet that one day, staying alive would become one of the bravest things she would ever do.

Back then, she was simply Arjelynne.

A tender-hearted girl with a noisy mind and an unfortunate habit of feeling everything.

Absolutely everything.

She noticed the little things: the change in someone’s voice when they said, “I’m fine,” the silences between sentences, the sadness hidden behind a smile. She remembered details other people had forgotten they had ever shared with her.

And whenever someone she loved was hurting, her first instinct was always to move closer.

To stay.

To care.

Sometimes to the point of forgetting herself.

Maybe that was her gift.

Maybe it was also where some of her wounds began.

She spent years learning how to care for others long before she learned how to care for herself.

And apparently, life had decided to teach her that lesson in its own way.

There would be love.

Hospitals.

Hands she thought would never let go of hers—and some that would.

There would be scars, both visible and invisible.

Photographs. Songs. Laughter at the most inappropriate moments. People arriving, people leaving, and nights when morning would feel impossibly far away.

Until one day, she would look into a mirror and wonder where the girl she used to be had gone.

But this story does not begin with cancer.

Nor with depression.

Nor with loss or broken hearts.

It begins before all of that.

With a young girl who had no idea how much life would one day ask of her.

A girl who still believed that scars were always things you could see.

Her name was Arjelynne.

I don’t know how her story ends yet.

I only know that throughout these pages, life will try more than once to change what that name means.

Until one day, even she will no longer be quite sure who is hiding behind it.

So for now, just remember my name.

Arjelynne.

Elle s’appelait Arjelynne

Elle ne savait pas encore qu’un jour viendrait où rester en vie deviendrait l’une des choses les plus courageuses qu’elle aurait jamais faites.

À cette époque, elle était simplement Arjelynne.

Une jeune fille au cœur tendre, à l’esprit bruyant, avec cette fâcheuse habitude de tout ressentir.

Absolument tout.

Elle remarquait les petites choses : le changement dans la voix de quelqu’un lorsqu’il disait « ça va », les silences entre deux phrases, la tristesse cachée derrière un sourire. Elle se souvenait de détails que les autres avaient oublié lui avoir confiés.

Et lorsqu’une personne qu’elle aimait souffrait, son premier réflexe était toujours de se rapprocher.

De rester.

De prendre soin.

Parfois jusqu’à s’oublier elle-même.

Peut-être était-ce son don.

Peut-être était-ce aussi l’origine de certaines de ses blessures.

Elle passa des années à apprendre à prendre soin des autres bien avant d’apprendre à prendre soin d’elle-même.

Et la vie avait apparemment prévu de lui enseigner cette leçon à sa manière.

Il y aurait l’amour.

Les hôpitaux.

Des mains qu’elle penserait ne jamais voir lâcher la sienne — et certaines qui le feraient.

Il y aurait des cicatrices, visibles et invisibles.

Des photographies. Des chansons. Des rires aux moments les moins appropriés. Des rencontres, des départs et des nuits où le matin semblerait beaucoup trop loin.

Jusqu’au jour où elle se regarderait dans un miroir en se demandant où était passée la jeune fille qu’elle avait été.

Mais cette histoire ne commence pas par le cancer.

Ni par la dépression.

Ni par les pertes ou les cœurs brisés.

Elle commence avant tout cela.

Avec une jeune fille qui n’avait aucune idée de tout ce que la vie allait un jour lui demander.

Une jeune fille qui croyait encore que les cicatrices étaient forcément des choses que l’on pouvait voir.

Elle s’appelait Arjelynne.

Je ne connais pas encore la fin de son histoire.

Je sais seulement qu’au fil de ces pages, la vie tentera plusieurs fois de changer ce que ce prénom signifie.

Jusqu’au jour où elle-même ne saura plus très bien qui se cache derrière lui.

Alors, pour l’instant, retenez simplement mon prénom.

Arjelynne